09 juin 2013

C'est les vacances / C'est la rentrée

                                                  

              

                                  magritte-rene-la-victoire

 

 

Voici, pour beaucoup d'employés, ouvriers, patrons mais aussi étudiants arriver les vacances. Courage à tous ceux et celles qui n' y sont pas encore, en particulier celles et ceux qui passent le bac. Peut-être cette période de l'année a-t-elle été difficile à organiser, à envisager pour de nombreuses personnes; ou aller, combien de temps, partir loin ou rester, ne pas partir loin ou rester, avec qui en profiter, pour quoi (pourquoi), comment, s'organiser ou pas, bronzer, pécher, lire, s'amuser..ou pas bref, beaucoup de gens vont durant quelques mois se croiser, communiant aux autres la définition qu'ils se font des vacances. Souvent synonyme de congé ou repos, vacance signifie avant tout absence. Absence de contraintes ou de responsabilités, sorte de décrochage de l'implacable pesanteur du réel, être en vacances peut aussi signifier se mettre en vacance de soi-même. L'objectif n' est pas de tirer à boulets rouges sur les dimensions matérialistes de la société et leur corollaire " progrès " qui, selon l'analyse qu'on en fait, pourraient dissimuler une sorte d' expression systématique décadente à laquelle nous participerions servilement et par laquelle , par exemple, loin de manifester notre liberté allégée du poids du travail, nous ne manifestions au contraire que de la connivence envers une société qui peut bien nous déshumaniser tant qu'elle obéit aux règles les plus élémentaires de la moralité. Cet exubérance ou ce totalitarisme de l' esprit de vacance, sorte de détachement en réalité artificiel a été suffisamment bien décrié, par Nietzsche notamment, pour ne pas être repris ici, qui plus est de façon maladroite. L' esprit de ce billet n' est de toute façon là. Admettons simplement que par vacance on entend bien une vacance, un changement qui se manifeste par un vide, une absence qu'il s' agit à chacun de penser et d'envisager en son âme et conscience.

 

L'une de ces manières de penser et d'envisager les vacances peut être résumée dans l'intitulé de ce billet: " c'est les vacances, c 'est la rentrée". Autrement dit, faire de cet état vacant un état actif. Non en refusant l'état d'absence qui caractérise les vacances, mais en l'intégrant à un processus actif (mais cool tranquille pépère hein !) qui loin de tout suspendre en attendant de rentrer (de rentrer de vacances, des vacances), consistera simplement à profiter de ce vide, à l' exploiter.D'une certaine façon, il sera donc plus un début qu'une fin. Son lieu? La bonne blague! Ici -même..C'est une plage (presque )comme les autres. L'immense plage des Méta.Morphoses a été foulée pour la première fois il y a près de deux ans, mais comme toute plage il est difficile d'y évoluer d'un pas régulier. C'est sur cette plage qu'a été envisagé pour la première fois la genèse d'une pensée et d'une expression affranchies (autant que faire se peut) des nécessités sociales, économiques ou professionnelles. Foulée par un étudiant par exemple, elle serait le lieu et le moment d'une pensée qui se retrouve et se réinvente, s'inscrit dans une métamorphose assumée, et l'engagerait dans les voies d'un travail sans cesse inachevé qui expliquerait de fait, la raison pour laquelle les vacances, c 'est la rentrée. . 

 

Et ce n' est pas le travail qui manque ! Corriger des fautes (orthographe, coquilles), rectifier des propos ou illustrations inexactes, poursuivre certaines des thématiques déjà abordées, en développer de nouvelles, retrouver les sensations de l' écriture et de la recherche, exploiter le temps [qui lui n' est jamais en vacances] de manière féconde bref, la période qui s'ouvre, et que ce billet a pour but d'introduire après une parenthèse plus ou moins longue, devra être à la fois et vacances et rentrée.

L' avantage de cette plage, ouverte à tous et toutes, est qu'on a beaucoup de façons d'y passer un moment; qui en auront entendu parler, qui y seront revenu, qui encore, au gré d'un mouvement qui tient plus souvent d'une dérive que d'une navigation parfaitement maîtrisée s'y seront retrouvés, en quelque sorte malgré eux, ballottés dans l'immensité de l' océan virtuel (une plage suppose un océan non?)..S'il apparaît de plus en plus probable qu' à la rentrée, pas celle-ci mais l' autre (celle qui vient après les vacances et non en même temps), beaucoup de gens risquent de chercher la plage sous les pavés, car c'est dit-on là qu'on la trouve, il reste à souhaiter que l' esprit de cet espace garde intacte son ambition, celle d'accueillir et de divertir qui s'y trouve..

 

A cette fin donc, un travail heureux -heureux d'être en vacances, heureux de faire sa rentrée-  qui dépend en grande partie de toutes les remarques, commentaires ou suggestions dont vous voudrez bien laisser trace sur ce sable éternel..

 

                                                                  ..p...

Posté par Prospero Berowne à 03:26 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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